Rodez, sa cathédrale et ses musées

 

Les indo-européens celtes (Gaulois) arrivent sur l’actuel territoire français au cours du 1er millénaire avant J.-C. Ils viennent de la région qui constitue aujourd’hui l’Allemagne. Les Arvernes fonderont l’Auvergne, les Gabales le Gévaudan (Javols), les Cadurques le Quercy (Divona = Cahors), les Volques Arécomiques le Languedoc et les Rutènes le Rouergue. Les habitants de Rodez sont encore appelés les Ruthénois.

En -121 (année de premier contact avec les Romains), les Rutènes sont une réalité politique et militaire. Ils soutiendront les Arvernes et les autres peuples gaulois contre César (ils seront à Gergovie aux côtés de Vercingétorix, ils subiront les défaites de Dijon, Alésia (-52) et Uxellodunum en -51). Mais les élites gauloises furent très vite favorables aux Romains et certains s’engagèrent même dans les légions romaines. Ils sont cités 7 fois dans La guerre des Gaules de César.

Rodez, la capitale rutène appelée Segodonos (hauteur fortifiée, qui deviendra Segodunum après latinisation) est à cette époque un oppidum.

Elle est la seule ville du Rouergue gallo-romain (5 000 habitants). Elle est murée, a un aqueduc de 30 km de long, en partie souterrain, un amphithéâtre, des thermes… Peu de vertiges ont subsisté.

Saint Amans, premier évêque de Rodez, aurait évangélisé le Rouergue au début du Ve siècle.

La grande invasion germanique se produit au milieu du Ier millénaire de notre ère.

Les Wisigoths fondent un royaume à Toulouse et s’emparent de l’Aquitaine romaine dont fait partie le Rouergue (471). Quintien, deuxième évêque de Rodez est chassé et les aristocrates romanisés ont des sympathies pour ces rois wisigoths jugés hérétiques.

De cette époque date le sarcophage sculpté dit de saint Naamas conservé à la cathédrale.

Le Rouergue passe aux mains des Francs catholiques au VIe siècle. Saint Dalmas [524-580], troisième évêque de Rodez, y construit la première cathédrale.

Au Moyen-Age, la particularité de Rodez est d’être, avec la Cité (sous l’autorité des évêques) et le Bourg (sous l’autorité des comtes), une ville constituée de deux communautés accolées. Les places de la Cité et du Bourg existent toujours.

En raison des guerres franco-anglaises, la construction de la nouvelle cathédrale, Notre-Dame, prendra des siècles (XIII-XVIe s.). Elle ne sera achevée par l’architecte rouergat Antoine Salvanh qu’au XVIe siècle, dans le style gothique flamboyant.

Sa façade ouest, massive, était jadis intégrée dans les remparts de la ville. Avec ses 87 mètres, son clocher est le plus haut clocher plat de France. Il est surmonté d’une lanterne supportant une statue de la Vierge (Notre-Dame de Rodez).

De nombreux hôtels particuliers à fenèstras crosièiras (meneaux) comme la maison dite d’Armagnac (près de la place du Bourg) ont été construits ou remaniés dans le style Renaissance.

En 1607, le comté de Rodez est définitivement rattaché au royaume de France et la monarchie poursuit son projet centralisateur.

En vous promenant dans les rues piétonnes situées à l’arrière de la cathédrale, vous pourrez admirer la richesse architecturale de la vieille ville.

Le Musée Fenaille (place de la mairie) présente l’archéologie, l’art et l’histoire de la région du Rouergue, depuis les toutes premières traces de l’homme, il y a près de 300 000 ans, jusqu’à l’aube du XVIIe siècle. La sculpture est le fil conducteur d’une visite où plus de 1100 objets sont présentés au public sur trois niveaux autour de quatre grandes périodes : la Préhistoire, l’Antiquité, le Moyen Age, le XVIe siècle et la Renaissance.

Il présente la plus importante collection de statues-menhirs de France.

Autour du IIIe millénaire avant notre ère, le Sud-Aveyron a connu la civilisation des statues-menhirs. Elles mesurent de 80 à 170 cm, sont taillées dans le grès et sculptées. On ne sait pas si les statues-menhirs sont contemporaines ou postérieures aux dolmens.

Elles ont été découvertes autour de Saint-Sernin et Belmont sur Rance et dans les Monts de Lacaune (Tarn). Des copies ont été installées sur leur lieu de découverte.

Le fait qu’elles n’aient pas de bouche pourraient en faire des symboles funéraires.

Un étage entier du musée leur est consacré. La Dame de Saint-Sernin est la guest-star de la collection. Elle fut exposée à Venise pour la Biennale 2017.

Le Musée Denys-Puech date du début du XXe siècle. Il présente les œuvres données par l’artiste Denys Puech (1854-1942) à la ville de Rodez. Sculpteur académique renommé pour ses figures féminines, il donna une grande partie de son fonds d’atelier ainsi que diverses œuvres de sa collection personnelle pour la création de ce musée consacré à la sculpture.

Le Musée Pierre Soulages a été inauguré en 2014 en présence de Pierre et Colette Soulages.

L’artiste peintre et graveur, maître de l’outrenoir, né à Rodez en 1919, fit don d’une collection exceptionnelle de 250 œuvres et 250 documents à la communauté d’agglomération du Grand Rodez en 2005.

La réalisation du bâtiment fut confiée à un cabinet d’architectes catalans (Rafael Aranda, Carme Pigem & Ramon Vilalta, RCR). Il s’agit d’un enchaînement de volumes parallélépipédiques. Le bardage est en acier Corten qui, en s’oxydant, évoque le travail du maître. En 2017, ce cabinet d’architectes reçut le prix Pritzker, la plus haute distinction dans le domaine de l’architecture.

La collection Soulages s’est enrichie au fil du temps et des expositions temporaires sont régulièrement proposées (Picasso, Calder, Le Corbusier…). Le musée conserve également les travaux préparatoires des fameux vitraux de l’abbatiale de Conques réalisés par Pierre Soulages entre 1987 et 1994 (Conques est à seulement 1/2 heure de Rodez).

Profitez de votre visite au musée pour aller petit-déjeuner, déjeuner sur le pouce ou goûter au café Bras, côté bar (accès possible depuis le hall du musée) ou prévoyez d’y déjeuner, côté restaurant (réservation obligatoire).

En ville, de nombreux restaurants vous accueilleront également.

Musée Fenaille, 14 place Raynaldy (près de la mairie) : 05 65 73 84 30

Musée Denys-Puech, place Georges-Clémenceau (sur le tour de ville) : 05-65-77-89-60

Musée Soulages, avenue Victor-Hugo (celle qui fait face à la cathédrale) : 05-65-73-82-60

Café Sébastien Bras (à côté du musée Soulages) : 05-65-68-06-70